ECOUTE
Mars 1979

PASSENGERS

Les Passengers sont un cas à part dans le rock belge.  Sans
vraiment attirer l'attention sur eux, donnant quelques concerts par-ci
par-là, répétant pratiquement tous les jours, changeant de
personnel, d'instruments ou de répertoire, ils ont évolué en
dehors du circuit rock traditionnel, qui est sensé inclure une
légion de fans, des articles complaisants dans des fanzines ou des
présentations dans la presse rock.  Non.  Ce groupe merdique de
l'année passée à oeuvré dans l'obscurité à se
parfaire totalement.

Après tout ce temps, oubliés des médias et des milieux
professionnels, ils sont devenus un des plus intéressants groupes
belges, autant par leur classe que par leur qualité.  Musicalement,
les Passengers appartiennent à cette catégorie
d'indéfinissables qui transcendent les styles ou les modes qui les
ont engendrés. Je pense en particulier à Bowie, Magazine, Eno et
surtout à Wire.  L'ésotérisme de "Chairs Missing" est
présent dans certains morceaux des Passengers comme Speak German To
Your Car, ainsi que leur côté analytique dans Reduced To
Stereotypes.  Et si parfois apparaissent des textures musicales à la
Talking Heads, ils débarquent soudainement avec d'authentiques hits
potentiels comme Dance In Circles, un disco qui libère le danseur
de sa condition de robot (voir Siouxsie qui a surpris tout le monde
avec son "Hong Kong Garden").

Les Passengers sont composés de Marc à la guitare, Michel à
la basse et Christophe aux claviers.  Ce dernier ayant quitté la
batterie dont il jouait depuis les débuts du groupe, les Passengers
alternent régulièrement de batteur dans l'attente d'un
définitif.  La musique des Passengers est le reflet de la
personnalité de ses membres plutôt qu'une politique musicale
délibérée. Ses musiciens ne se sentent chez eux nulle part;
ils sont concernés avant tout par l'individu.  Ce qui ne leur a pas
facilité la tâche pour trouver un public.  De plus, ce sont eux
qui ont le plus d'ennemis dans la "nouvelle scène belge".  Ils ont
appris à la dure qu'on n'est pas impunément différent.  Ils
ont construit leur groupe seuls, malgré les autres.  Ce dont ils
ont besoin maintenant est qu'on leur donne leur chance.  C'est tout.
Ils en valent la peine.

François De Kock


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ECOUTE [LISTEN]
March 1979

PASSENGERS 

Passengers are a case with share in the Belgian rock'n'roll.  Without
really drawing the attention to them, giving some concerts by here by
there, practically repeating every day, changing personnel,
instruments or repertory, they evolved/moved apart from the circuit
traditional rock'n'roll, which is judicious to include a legion of
fans, obliging articles in fanzines or presentations in the press
rock'n'roll.  Not.  This group merdic of the year spent to worked in
the darkness to perfect itself completely.

After all this time, forgotten medias and professional environments,
they became one of the most interesting Belgian groups, as much by
their class that by their quality.  Musically, Passengers belong to
this category of indefinable which transcends the styles or the modes
which generated them.  I think in particular of Bowie, Magazine, Eno
and especially in Wire.  The esotericism of "Missing Flesh" is present
in certain pieces of Passengers like Speak German To Your Car, like
their analytical side in Reduced To Stereotypes.  And so sometimes
appear musical textures in Talking Heads, they unload suddenly with
authentic hits potential like Dance In Circles, a disco music which
releases the dancer of its condition of robot (see Siouxsie which has
surprised everyone with its "Hong Kong Garden ").

Passengers are composed of Marc to the guitar, Michel with low and
Christophe with the keyboards.  This last having left the battery of
which it played since the beginnings of the group, Passengers
regularly alternate drummer in waiting of final.  The music of
Passengers is the reflection of the personality of its members rather
than a deliberate musical policy.  Its musicians do not smell
themselves on their premises nowhere; they are concerned above all by
the individual.  What did not facilitate the task to them to find a
public.  Moreover, it is them which have the most enemies in the "new
Belgian scene".  They learned with hard that one is not different with
impunity.  They built their group only, in spite of the others.  That
for which they require now is that them their chance is given.  It is
all.  They are worth the sorrow of it.  

François De Kock